Ouai j’ai l’impression de l’avoir déjà fait ce jeu de mot…
Quand on évoque un trail dans le parc « Bear Mountain » de l’état de New York, on a cette image qui vient en tête :
Mais je vous rassure, il n’y avait pas d’ours mangeurs de ravitos dans les environs. Juste des crotales (serpents venimeux) 😉
Ce trail marathon, je le prépare depuis Novembre. Je soigne surtout mon genou droit qui me fait souffrir depuis plusieurs mois déjà. L’épreuve approchant, je n’étais toujours pas sûre de ma guérison car certaines douleurs réapparaissaient par ci par là.
J’ai donc pris le départ de la course un peu comme une loterie. Soit mon genou était guéri et la course allait être géniale. Soit mon genou allait me faire mal et j’allais devoir abandonner.
Le verdict?

Oui mon genou droit a commencé à me faire mal au 8ème km… MAIS!! Oui il y a un MAIS… mon genou gauche a tellement compensé qu’il a développé le même problème que le droit au 14 ème km! Au final, le genou gauche me faisait beaucoup plus mal que le droit! Comme quoi tout est relatif!
Alors bon, il me restait quoi? 28km? Plus de la moitié? Avec deux pattes folles? J’ai hésité au 3ème ravitaillement à déclarer forfait. Mais après avoir mangé un bout de banane, un peu de pain avec du beurre de cacahouète (Très nord américain ça! Et vraiment bien sur un ravito je trouve) et rempli de nouveau ma poche à eau… je suis repartie. Sans vraiment y penser.
C’est donc en boitant, en marchant surtout dans les descentes et en courant tout croche que j’ai réussi à aller jusqu’à la ligne d’arrivée!
J’ai affiché de beaux sourires aux photographes et aux bénévoles dans les ravitaillements. Mais il m’est arrivé 2 fois de pleurer toute seule au milieu des bois. Pleurer de rage et non de douleur (même si j’avoue que j’aurais pu tellement c’était douloureux). J’étais en colère de ne pas pouvoir courir ces beaux sentiers techniques. Moi qui aime bondir d’une roche à l’autre, sauter par dessus les troncs d’arbres, dévaler une pente à toute allure, éviter les racines d’un bond léger,…
Les 10 derniers km ont été interminables. La douleur étant de plus en plus forte.
J’étais bien contente d’avoir investi dans une montre GPS car cela me permettait de savoir où j’en étais et de calculer si c’était faisable de terminer ou non.
Je suis donc passée sur la ligne d’arrivée en courant et en affichant de beaux strappes aux deux genoux! La médaille passée autour du cou et je fond en larme. Des larmes mêlées de joie, de soulagement, de douleur et de rage. J’y croyais pas. Je l’avais fait!
Lorsque je pensais à cette course, je savais que mon genou pouvait me lâcher. Je l’avais accepté et j’étais prête à abandonner si besoin. Faut croire que j’étais pas si prête que ça. Tous ces efforts pendant 6 mois pour abandonner au 14ème km? NON!
Je me suis accrochée à beaucoup de choses pour continuer à avancer malgré la douleur. Ma fierté ça c’est sûr! Mais j’ai aussi repensé à tous ceux qui m’ont soutenu pendant mes entrainements, ceux qui m’ont conseillé et ceux qui m’ont encouragé les jours précédant la course. J’ai pensé également à ce Tshirt qu’on a avec le dossard : je voulais le porter en pouvant dire « oui je l’ai fait! » (En plus il est vert le Tshirt, alors c’est sûr que je vais le porter!). On s’accroche à tout ce qu’on a pour continuer dans ces conditions là!
Une fois la gang du club retrouvée après la ligne d’arrivée, les mauvais moments sont du passé et j’ai profité de cette belle après midi bien entourée.

En gros, on pourrait pas croire vu ce que j’ai traversé comme épreuve mais c’était un des plus beaux week end depuis que je suis à Montréal! J’étais tellement bien entourée! J’ai pu parler trail pendant 3 jours d’affilé sans emmerder personne (au contraire!). La bonne humeur se lisait sur tous les visages de la gang. J’ai adoré les repas au resto la veille et le soir même. J’ai adoré le lit méga moelleux de l’hôtel et de partager ma chambre avec une autre Julie tout aussi tarée que moi. J’ai trouvé génial de rencontrer de nouvelles personnes du club et de mieux connaitre certains. Et puis j’ai trouvé génial de faire un trail « anglophone » et surtout à l’américaine!
Anecdote : j’ai couru une longue distance avec un « Wild American Man » comme je l’appelle! Un gars cheveux longs et barbe, en short et chaussures seulement (pas d’eau, pas de sac, pas de tshirt et pas de chaussettes!). Afin d’être le plus minimaliste possible et surtout le plus « Wild », il portait même son dossard à la main! Mais si il a couru longtemps avec moi, c’est qu’il allait pas vraiment bien non plus! Des fois il s’arrêtait sur le côté et criait… Euh… ok! Je lui ai demandé souvent « Are you ok? » et il me répondait que ouai! J’avais remarqué des frottements en sang au niveau de ses pieds à cause des chaussures. Il devait douiller! 7 km avant l’arrivée je l’ai dépassé. J’étais plus rassurée!
Sinon le long du chemin quand je me faisais des strappes, presque tous les coureurs me demandaient si j’allais bien. J’adore l’entre-aide du trail 😀 Quand des bénévoles sur le chemin me voyaient arriver en boitant, ils me demandaient si ça allait. Moi je leur répondais toujours :
« A lot of pain… but I will finish! »
And I finished it!

J’étais bien accompagnée!

Julie










Quelle détermination ! J’arrive mieux à comprendre ton choix d’avoir continué après avoir lu cet article. J’espère que tes genoux vont guérir. La bise miss et bravo.
Merci!!! Oui je vais soigner mes genoux surtout en France avec une assurance maladie adaptée!
Bravo pour le courage, la détermination et aussi pour ce brin de folie et de pensée magique qui te permettent de te dépasser. Un beau récit, de belles photos et l’impression de sentir la piste avec toi. Juste comme ça…tu te martyrises de la même manière quand tu es chez toi, de l’autre côté de l’océan? Ou c’est juste ici…? Allez, on te retrouve dans ton récit « En route vers la Gaspésie »!
Merci! Ben je fais du trail depuis 4 ans. Le sport et la montagne nous oblige à être déterminée et à savoir souffrir pour arriver à nos fins.
Tu sais que tu es un vrai trailer quand tu peux raconter une histoire comme la tienne Julie. Excellente, et l’essence même de la course en trail : ne pas savoir ce qui va arriver et quand, mais savoir que ça va arriver, du découragement, mais toujours quelque chose ou quelqu’un pour t’encourager à prendre le dessus, et surtout cette volonté de toujours passer par delà la souffrance, parce que c’est tellement jouissif de passer cette ligne d’arrivée pour partager après tes bonheurs, tes galères et tes rencontres…
Merci! Ça fait grand plaisir de lire ça!
BRAVO! Quel courage, quelle persévérance !
C’est ce qui s’appelle « être sur les genoux! »Attention, ménage-les tout de même.
Comment vas-tu nous revenir ?
Quand reviens-tu au fait ?
Bises nimoises
Mireille
Je vais essayer de revenir en entier 😉
C’est vrai que j’ai oublié de dire que j’ai enfin mon billet de retour!
Je reviens le samedi 3 octobre 🙂
Je serai sur Chambéry le week end et descendrai à Nîmes dés le lundi. Faudra se prévoir une soirée!
Des bisous!
Je suis toute aussi épatée que les autres, bien que je te connaisse maintenant assez bien « en mode Juga traileuse »… tu risquais pas d’abandonner, pour ça il aurait fallu bien pire encore que 2 genoux boiteux!!! en tout cas, belle perf. Et le lendemain, c’était comment???
Oh le lendemain! Toute une histoire! 10 min pour aller de ma chambre à la salle du petit dej à l’hôtel, démarche de terminator (ou pingouin, c’est assez ressemblant quand t’as les jambes figées!).
Mais je suis retournée sur le lieu de la course pour accompagner d’autres potes qui couraient d’autres distances le dimanche et j’ai profité d’un massage gratuit pour les coureurs! Je marchais vraiment mieux après.
Mais ça m’a pris 6 jours pour ne pas boiter en marchant… et aujourd’hui j’ai encore mal si je force trop. Donc tranquillou en ce moment!
En même temps je bosse à fond donc ça m’arrange de me dire que de toute façon je peux pas courir, j’ai pas le temps!
coucou Mireille et Ju si je peux je serai des votres à la soirée nimoise 😉
Oh oui avec grand plaisir!!!!! 🙂